L’astronomie dogon

L‘astronomie

La science astronomique dogon étonne encore, comment les Dogons ont-ils connu des phénomènes et ou des étoiles qu’on ne peut voir à l’oeil nu ? Comment ont-ils pu élaborer des théories qui tiennent la route à tel point, qu’aujourd’hui encore, les astro – physiciens n’arrivent pas à tout mettre en évidence, cette théorie atomique qui connaît la forme et l’infinitude des galaxies, les satellites de Jupiter, l’anneau de saturne, la rotation du soleil sur lui-même, le mouvement de la terre autour du soleil et sur elle-même, bref toutes les caractéristiques du système de Sirus, la croix du sud et mille autres sur cette arche ?“

Parlons succinctement de cette astronomie chez les Dogon. Le ciel et les étoiles ont été l’objet d’étude chez eux. Il existait des écoles pour l’étude des phénomènes et des corps célestes. Le ciel était partagé en hémisphère nord et hémisphère sud. Chacune des tribus Dogon s’occupait spécialement d’une pléade ou d’une planète donnée ainsi, les Arous s’occupaient de la lune, les Dyon du soleil, les Domno du bourbier d’Orion et les Ono de Vénus. Toutefois, toutes les tribus ensemble avaient souci de suivre Sirus (Sothis), étoile qu’ils appellent étoile du Sigui, Sigui Tolo“, étoile très importante dans leur cosmogonie. Pour les astronomes dogon qui sont, bien sûr , théologues et/ou prêtres, Sigui Tolo, Sirus A a un compagnon“ Sirus B qui, lui-même, aurait un“ compagnon“ Sirus C. Les Dogon appellent, po tolo l’étoile po (fonio) Sirus B ; pour eux, Sirus B est un satellite de Sirus  dont la révolution est de cinquante (50) ans ; elle serait l’étoile la plus petite de toutes les étoiles mais aussi l’étoile la plus lourde et elle serait le centre de l’Univers et contiendrait les germes de tout ce qui existe ; un changement quelconque des rapports primordiaux entre cette étoile et un quelconque élément de l’univers entrainerait une catastrophe de dimension cosmique. Sirus B , en fait, n’est pas visible à l’œil nu. Sirus B existe, c’est une naine blanche, découverte en 1844 par Friedrich Bessel et Alvan Clark qui on reconnu que sa révolution est de cinquante à soixante ans, ce qui approche ce que les Dogon en disent.

Le deuxième compagnon de Sirus, la Sirus C, serait plus grand que Sirus B mais quatre fois plus léger ; son orbite serait plus grande et sa révolution serait aussi de cinquante (50) ans. L’existence de Sirus C, est très fortement soupçonnée : des astronomes de l’observatoire de Nice (France), tenant compte des variations des mouvements de Sirus A soupçonnent l’ existence, tout à côté d’une naine rouge. Mais son existence, d’après même les données reçues du satellite américain Huble n’est pas encore prouvée. Mais pour les Dogon, les étoiles sont en rapport avec la vie des hommes et jouent sur leurs humeurs, leurs institutions d’où l’importance et la nécessité d’être en bon accord avec les étoiles, parce qu’elles aussi, comme le monde des humains, tout comme toutes choses et tous les êtres sont en communion avec tout le cosmos , le  tout étant Un. Ce rapport conduit tout droit à l’importance du Zodiaque et du calendrier sur les activités humaines. A travers les différents symboles utilisés dans les différents moments du mythe dogon tels que rapporté par Ogotembeli, Griaule a retrouvé tous les éléments du Zodiaque et dans plusieurs pages de son livre « Dieu d’eau (pages 188-205) ; il les évoque et met en exergue leur signification.

A propos du calendrier, les Dogon, comme les Egyptiens pharaoniques, en ont plusieurs : le calendrier lunaire ; le calendrier solaire ; le calendrier sidéral ou astral et le calendrier vénusien.

.le calendrier almanach, calendrier lunaire indique avec précision les différents moments du début des activités communautaires saisonnières (semailles, labours, récoltes, chasse rituelle, moments des différents rites et sacrifices). Ce calendrier lunaire est généralement visible dans taguna, lieu de réunions et de repos des patriarches.

La semaine est de cinq (5) jours. L’année est de douze (12) mois de trente(30) jours chacun. L’apparition des constellations et le temps de leur présence visible sont très importants dans le calendrier de ce genre ; il est souvent combiné au calendrier solaire, qui, lui, a 365 jours ?

Il faut signaler l’existence d’un calendrier beaucoup plus dégagé des préoccupations agricoles et davantage axé sur des phénomènes d’ordre cosmogonique et astral notamment sur la révolution et les différents mouvements des étoiles Sirus A, Sirus B et Sirus C. C’est le calendrier sidéral ou astral. C’est ce calendrier qui est utilisé pour fixer la date de la fête soixantenaire du Sigui. D’ailleurs d’autres systèmes de datation sont utilisés dans ce cas. Ainsi dans certaines cavernes, les anciens se réunissent une fois tous les deux (2) ans pour une beuverie ; trente beuveries correspondant à la date du Sigui ; il y a aussi  qu’une soixantaine de village célèbrent un à un, chacun à son tour, la fête du Sigui ; le tour complet, c’est-à-dire le tour de Yougo Dogoro. En outre, les techniques que les Malinke et les Dogon emploient pour compter ne laissent pas d’erreurs. Wa Kamissokho, Griaule et Leiris ont bien expliqué ce système employé pour dater les évènement. En effet, les Malinké utilisaient les « kokoberew » (petits galets pris dans le fleuve). Un kokobèrè mis dans une jarre chaque année ; on comptait alors le nombre de galets pour connaître le nombre d’années écoulées ; les Dogon comptaient soit des galets soit des  nœuds réalisés sur des cordelettes ou des cauris. Ces jarres à galets pour le comput étaient gardées par un groupe de notables âgés. Les erreurs dans le comput traditionnel sont presque négligeables

Venus étant particulièrement étudiée, ses six (6) positions sont connues et font l’objet d’un calendrier, le calendrier vénusien.

 (extrait du livre de Ali Sangaré : l’Egypte pharaonique/ les dogon/Espace de rencontre pages 89-92 – Editions Jamana)